Après la Vuvuzela, retour sur le Klaxon...
On parle beaucoup ces temps ci de la vuvuzela. Voilà un mot qui va enrichir notre dictionnaire d’ici peu, parce qu’on n’a pas fini d’en entendre parler. Une fois enlevées les boules Quiès (les « stop-vuvu » en Afrique du Sud). Si vous en trouvez, car, sur place, les précieux objets sont en rupture de stock. Bénis alors soient les travailleurs sans cesse confrontés au bruit et à qui leur entreprise fournit des bouchons auditifs. Ils peuvent regarder la télé sans problème de bourdonnement incessant. Et en même temps, cela supprime les commentaires parfois affligeants. Pourquoi ne pas couper le son tout simplement ?
Parce que le bouchon auditif vous isole aussi du conjoint. Simple, mais il fallait y penser.
Mais je suis très méchant avec le « vuvu », parce que ca aura au moins un intérêt pédagogique. Ca nous permettra à nos tous (enfin ceux qui regardent le foot qui sont légion lors des « grands rendez-vous internationaux »), de ressentir ce que peuvent vivre les victimes d’acouphènes. C’est déjà pas rien. Imaginez que ces personnes, pour on ne sait quelle raison, entendent ce bourdonnement incessant à longueur de temps. Et pas question pour eux de baisser le son. C’est impossible.
Mais mon billet ne concerne pas les acouphènes (je ne suis pas calé là-dessus), même s’il fait état des nuisances sonores. Connaissez vous le Klaxon ?
Oui, c’est une marque, comme Frigidaire, Kleenex et j’en passe. Ca désigne dans le langage familier un « avertisseur sonore de véhicule automobile ». Ouf. Klaxon, c’est quand même plus court.
A quoi sert le dit engin ? A prévenir en cas de danger. Et, le sait-on dans notre pays, son usage est interdit en agglomération, à moins, bien entendu, qu’il serve précisément à prévenir d’un danger imminent. En aucun cas à vouloir faire avancer l’automobiliste devant vous. Allez, à la rigueur, un petit « coin » étranglé pour réveiller de sa rêverie celui qui attend devant un feu vert.
Mais dans les embouteillages, ca sert à quoi, quand on est au 50ème rang d’avertir le 1er rang de son état d’automobiliste bloqué ? Si ca n’avance pas c’est qu’il y a une raison, bonne ou mauvaise, mais il y a une raison. Inutile de remplir l’air avec vos coups de corne de brume !
Mais le mieux, c’est au drive. Oui, ce fameux drive, fait par et pour les bagnoles voitures. Quand il y en a qui klaxonnent. Pourquoi ? Pour qu’on aille plus vite. Ben oui, c’est bien connu, nous sommes des chiens, qu’il faut siffler.
Il y a une parade, qui ne peut être effectuée que lorsque certaines conditions sont réunies, donc au cas par cas. Un, c’est plus facile si vous êtes un mec. Deux, faut savoir qui « punir ». Ben oui, souvent, les gens klaxonnent et quand vous leur en faites la remarque c’est « Oh c’est pas moi ! » avec les bras levés comme un footballeur qui fait son cinoche sur la pelouse.
Assez courageux pour siffler les chiens, trop peureux pour affronter leurs crocs ? Parce que moi, le klaxon à minuit, ca me fout les crocs. Non, ca ne me donne pas faim, ca m’énerve…
Alors, quand le type est identifié (ce qui n’arrive pas toujours), je refuse de le servir.
Quoi ?
Ben oui, vous n’avez pas à klaxonner, nous n’avons pas à vous servir.
Je suis client !
Non, vous n’avez pas encore commandé, ni payé, et je ne vous servirais pas. Donc…
Je vais rester là jusqu’à …
Oh, pas de problème.
Ce « pas de problème » les décontenance un peu. Eux qui croyaient détenir l’arme suprême, le boycott du drive, l’opération escargot englué du fast-food, la parade de la voiture-moule accrochée au bitume, ben ils en sont pour leurs frais.
Parce que là c’est génial parce que nous avons un petit appareil qui permet de prendre les commandes à l’extérieur du restaurant. C’est une ardoise électronique qui permet de ‘affranchir des obstacles comme un client qui ne veut pas libérer la piste du drive. Bon, je vous l’accorde, c’est vite chiant.
Vous sortez, vous ignorez ostensiblement le type, en ayant donné pour consigne au caissier (qui rigole bien) de ne pas le servir, et vous prenez les commandes suivantes. Vous faites la navette entre le guichet d’encaissement let les voitures (parce que le con coincé est toujours là) et ensuite entre les voitures et le guichet où l’on donne les commandes.
Mais là, en général, le type est parti, furibard. Heureusement, parce que si les voitures derrière veulent partir, il faut pousser le type.
Donc, le type, malgré sa colère, se casse. Parce que même s’il a vraiment envie de vous casser la gueule (de son bon droit de client qui siffle ses larbins) il n’ose pas trop parce qu’il y a tout de même des témoins.
En général, les dits-témoins sont encourageants « Ah, Bravo, oui, vous avez raison, a-t-on idée de klaxonner là, ca sert à rien » « je suis bien d’accord avec vous, là ».
Mais le plus marrant c’était celui-là : « Je suis policier, vous savez, s’il avait klaxonné encore et si vous n’étiez pas sorti, je me serais occupé de lui ».
J’en doute pas.
Ceci dit, heureusement qu’il n’y a pas tellement de klaxonneurs. Et puis comme on en identifie à coup sûr que 10 %, et qu’il faut vraiment avoir une bonne équipe pour faire ce petit jeu, je suis pas souvent sorti.
Il faut que le caissier soit efficace pour me faire la monnaie, me passer le terminal CB tout en se faisant copieusement insulter, il faut que les employés soient responsable pendant que le chef est dehors, bref. Mais tout se règle en cinq minutes. Dix, au pire, selon la patience du klaxonneur.
Au sujet de ces nuisances sonores, l’idée suivante a été émise : coupler le klaxon aux warnings. C’est pas de moi, c’est dans le cadre de la lutte contre le bruit dans les agglomérations.
Comme ca, si la voiture klaxonne, ses clignotants d’urgence s’allument. C’est sensé, puisque le klaxon est réservé aux cas d’urgence. Et cela permettrait de sanctionner les usages abusifs. Comme la nuit quand tout le monde dort. Ou presque.
Qu’en pensez-vous ?