A votre bon coeur M'sieur Dames !
L'enseigne qui m'emploie a une activité de mécénat : les enfants hospitalisés. Comment fait-elle pour les aider ? Non, elle ne paie pas du matériel médical dernier cri, mais elle est partie d'un constat simple : les maladies les plus graves sont traitées dans des centres peu nombreux mais équipés de ces matériels de pointe.
Or, pour un enfant habitant à Trifouille les oies, le déplacement est long jusqu'au centre où il recevra son traitement. Et il est donc tout aussi difficile pour ses parents de l'accompagner. Quand il y a de la place dans le service en question... Et alors, il n'y a de place que pour un des deux parents. Quant au reste de la famille, il peut toujours se brosser.
Pour pallier à cet état de fait, le mécénat a choisi d'ouvrir des "maisons de parents" près des hopitaux concernés : là, les familles sont accueillies en entier pour se tenir à proximité de l'enfant malade. Ainsi, la traitement est moins lourd à supporter pour celui-ci et la vie est facilitée par rapport aux autres solutions existantes (foyer, chambre de parent accompagnant, hotel, amis hébergeants....). Je le sais d'expérience personnelle.
Ces maisons sont financées par une participation des familles, par des cotisations versées par les restaurants, par des actions ponctuelles dans l'année (comme une journée spéciale où chaque achat de menu déclanche un don) et par les urnes disposées sur les comptoirs pour recueuillir la petite monnaie.
Ah, ces urnes !
Les gens sont souvent bien trop méfiants, pensant que cet argent là va grossir la cagnotte de la firme (ce serait plus efficace 'augmenter de 5 c tous les menus) ou celle des employés. Mais que ca serve à du caritatif, ca, c'est "pas possible" !
Alors il y a ceux qui critiquent vertement le système ("c'est pour les Ricains, çà !" "Macdo est de toute manière assez riche"...) Ou qui font : "Et il y a au moins un recu fiscal ?" (Pour 5 c ?) Bref, vous voyez le genre.
Mais il y en a qui donnent. Parfois, c'est inutile, car ce sont des pièces étrangères (cents étasuniens, peso, dirham, livres turques et même anciennes lires italiennes) mais bon, c'est le geste qui compte ! (Rappelez vous de la vieille dame qui donne au temple de Jérusalem et qui est finalement plus généreuse que les Marchands du Temple et leurs grosses offrandes...)
Il y en a d'autres qui essaient de retourner l'objet pour en sortir des sous.
Ainsi, j'avais trois nanas en caisse. Seize ans, plus de poitrine que de cervelle, qui me font, avec une voix sucrée :
- Mseiur, il me manque 50 c pour un sundae !
-Ben tant pis ! Vous n'en achetez pas !
- Et on peut pas en prendre de là ?
- Ah, non, ca c'est pour les enfants malades !
-Mais moi je suis malade !
Et elle de se pencher en avant, écrasant sa poitrine bien développée (et bien visible) sur le comptoir.
- Oui mais pas du cerveau, à ce que je vois !
La donzelle se redresse, vaguement intriguée et presque flatée :
- Ah bon ? Pourquoi ?
- Pour être malade d'un organe il faut en posséder un...
Elle a redressé sa poitrine et est partie avec ses copines avec un demi-tour qui se voulait méprisant...
Et puis... Et puis il y a ceux qui prennent ca pour une poubelle pour y glisser leur ticket de bus ou de caisse. Vraiment classe, voyez-vous. Sauf que... Parfois on y glisse ce que'on voudrait pas y glisser...
"Oh, vazy ! OUvre là, ta boite !"
"Pardon ?"
"Ouais, j'y ai mis mon billet ! Je croyais y mettre mon ticket de caisse !"
Sourire jusqu'aux oreilles du caissier : "Ah, ben c'est très généreux de votre part !"