Typologie de la clientèle = Inventaire à la Prévert !

Publié le par Ronuick

 

Voilà bien une tâche ardue, sachant que plus d’un million de personnes franchissent chaque jour les portes de l’un des restaurants de l’enseigne. Et ce uniquement en France.


Un million de personnes différentes, aussi différentes que vous et votre voisin.


Vous n’avez pas de voisin ? Bon, alors aussi différentes que vous et le premier venu dans la rue.


 Il y a de tout, un véritable inventaire à la Prévert : des femmes, des hommes, des garçons, des filles, des jeunes, des moins jeunes, des Français, des Etrangers, des gens de toutes les ethnies de la Terre. Il y a des gentils, il y en a de moins gentils, des polis, des malpolis. Et puis aussi des cons. Des "cons objectifs", même, pour reprendre une réplique de Francis Veber.


 Il y a le lycéen qui a juste assez dans son porte monnaie pour se payer  un menu, l’autre un peu plus gourmand qui veut un sandwich en plus.


Il y a le pauvre hère qui compte ses piécettes et à qui on a envie d’offrir un sandwich.


On a le papa divorcé qui emmène sa petite fille et où l’on voit bien qu’il n’a pas trop l’habitude.


Il y a celui qui emmène son fils tard le soir et qui squatte dans un coin avec son ordinateur sur les genoux pour profiter du wifi pendant que le petit garçon s’ennuie avec son jouet mais qui voudrait jouer avec son papa.


Il y aussi celui qui avait juste de quoi acheter un menu pour son enfant et qui le regarde, attendri, manger son repas, pendant que lui a faim. Mais il est heureux de voir son petit bout de chou s’émerveiller de tout.


 Il y a les grands parents qui viennent un peu intimidés avouer qu’ils ne connaissent rien à ce système mais qui font plaisir aux petits enfants qui, eux, savent ce qu’ils veulent !


Il y a les petites mamies qui, habituées, viennent tous les jours prendre leur café et leur pâtisserie.


Il y a le technico-commercial, qui parcourt le monde pour sa boite, qui nous raconte comment ça se passe dans les autres restaurants de l’enseigne  dans le monde et qui vous ramène quelque souvenir. Comme je suis un fan des élans (alces alces), l'un d'eux m’a rapporté de Suède un coussin en forme de panneau « attention, traversée d’élans ! »…


 Il y a les stressés, qui ne supportent pas d’attendre 30 secondes de plus (très nombreux).


Il y a les impolis, les franchement cons, carrément insultants.


Il y a les machos, dont on se demande comment ils sont avec leur compagne : le 8 mars, ils connaissent même pas ! Ils ont un calendrier à 364 jours ! 


Il y a parfois les enfants tout seuls, plus ou moins timides, pour qui on a du parfois appeler la police parce qu’un enfant de 8 ans tout seul c’est inquiétant.


Il y a les solitaires, qui viennent chercher  un peu de vie. Avant, il y avait le café, le bistrot, le troquet, l'estaminet. Maintenant, c'est le fast-food. Au moins, le café y est moins cher !


Il y a celui qui vient tous les matins prendre son café, l’autre son cappuccino ave trois crèmes et trois sucres, que l’on prépare dès qu’on le voit passer la porte.


Il y a la femme d’affaire, executive woman qui fait attention à sa ligne. Celle qui prend du light pour ses enfants et du normal pour elle, à moins que ce ne soit l’inverse.


Et cette citadine qui m’a bien fait rigoler un jour que j’étais dans un restaurant « rural » : elle me commande six portions de fruits à croquer.

« Vous venez de Strasbourg ?», que je lui demande.

- Oui, comment vous savez ? » me fait la dame, avec de grands yeux surpris, qui s’attendent à voir devant eux le nouvel Houdini.

Chez nous, madame, les gens prennent leurs pommes au supermarché ou dans leur verger. Vous m’avez commandé ma consommation du mois ! »

Autres lieux, autres mœurs… 


 Il y a aussi des Etrangers, d’un peu partout. Des Italiens bruyants, des Japonais polis, des Anglais affolés par la pluie, des Allemands parfois baba cool, parfois prussiens. Des Péruviens à l’humour communicatif, des Polonais épuisés par un long voyage en voiture. Et vice-versa.


 La dernière que je mentionne ici a un nom. Elle s’appelle Madeleine. Je note toujours au présent, parce que j’espère qu’elle vit encore.


Elle venait tous les jours, avait toujours un mot gentil pour chacun de nous. Défigurée par la maladie, elle suivait un lourd traitement, mais n’oubliait pas de nous ramener, à toute l’équipe, à Pâques et à Noël, un plein sac de chocolats.


Et puis un jour, nous ne l’avons plus revue. Nous ne savions que son prénom, et malgré nos appels à tous les hôpitaux, nous n’avons pu retrouver sa trace. Où que tu sois, Madeleine, tu es la cliente dont rêvent tout ceux qui servent les gens.

 


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Klatschmohn 07/06/2010 15:29



Comme quoi, même dans l'univers capitaliste de Mac Donald, on trouve de la chaleur humaine ^^


 


Ça peut avoir l'air "cul-cul", ce que je vais dire, mais, ce regard sur les gens, c'est mignon :)



Céline 30/05/2010 01:57


Waouh ! Je ne pensais pas qu'il y ait tant d'histoires d'amour dans un fast-food !
C'est vraiment du Prévert...


Ronuick 30/05/2010 07:58



Il y a bien des endroits où l'on peut observer les gens : un aéroport, une gare, un centre commerical, une rue passante et.. un fast-food. Il y a là un brassage social assez intéressant !