Si De Gaulle avait su...

Publié le par Ronuick

Aujourd’hui, c’est de rigueur. Faisons un billet sur l’appel du 18 juin… Euh, je me suis trompé de blog ? On est bien sur fast-clientèle, là, pas sur « Histoire-de-France » ?

Rassurez –vous… et rassemblez vos souvenirs (d’école, à moins que d’anciens Résistants lisent ce billet) : en lançant son appel, Charles de Gaulle, nouvellement promu général (il était colonel de blindés lors de l’invasion de la France), espère rallier à lui les Français et leur goût connu pour la résistance.

Car les Français ont effectivement un certain penchant pour cela : révoltes, révolutions, on a eu notre compte dans le pays. Ce n’est pas pour rien qu’en 1870, après la défaite de Sedan et la capitulation de la France, le pays décida de se donner des héros « républicains » et valeureux. Ben oui, on entrait dans une république ( la troisième, qui allait s’effondrer précisément en 1940) et il fallait glorifier certains héros oubliés.

Les Gaulois, ca, c’était super. On exhuma le mythe du guerrier celte, du coq, et on utilisa la figure de Vercingétorix. A noter que c’est Napoléon III qui fit, ironiquement, beaucoup pour cette résurrection, et que la statue présente sur le site supposé d’Alésia, à Alise Ste-Reine, porte les traits de l’empereur pour représenter le chef Gaulois.

 Fières bacchantes, l’homme représentait la force et la valeur du pays. Que nous ayons été ensuite pénétrés de culture latine ne change pas grand  chose à l’affaire. Plus que les légions bien ordonnées de Rome, nous préférions prendre exemple sur les hordes plus chaotiques mais ô combien plus valorisantes des tribus gauloises. Nous allions au combat dans une fougue romanesque, pas comme des tortues cachées derrière leurs boucliers… Et tant pis si ce sont les Romains qui ont gagné.

 La France Libre ressemblait à ces Gaulois. Ce n’était pas vraiment une armée : plutôt une constellation d’individualités qui avaient choisi de continuer le combat, courageusement. De cette nébuleuse, De Gaulle fit une troupe à la vaillance et à l’efficacité reconnues. Il fallu attendre cependant Bir Hakeim, en 1942, pour le révéler aux yeux du Monde. Et puis on connait un peu la suite, les Français libérèrent la France en débarquant en Normandie (177 hommes du commando Kieffer, c’est pas grand-chose) mais surtout en débarquant en Provence. La 1ère armée française, venant d’Afrique du Nord où elle fut formée (en grande partie grâce aux Indigènes) allait remonter le Rhône vers le Rhin. Pas dans une marche triomphale, d’ailleurs, les Français libres témoignèrent souvent d’attitudes équivoques de la part de ceux qu’ils venaient libérer. Bref…

Puis, De Gaulle a résisté à l’impérialisme étasunien en se retirant de l’OTAN, en marquant sa défiance vis-à-vis de nos voisins anglais (pas Britanniques, Anglais). On l’a parodié quelque peu dans Astérix (un autre gaulois). Et puis.. et puis quoi ?

On s’est laissée aller à la facilité, au modèle non pas de société de consommation, mais de surconsommation. Au bon sens qui prévalait alors, on a introduit et développé la frustration perpétuelle, le culte de l’argent, de la nouveauté, de la zapette. Et le culte de la vitesse et de la bouffe rapide.

Vous allez dire : Eh, le grand dadais, là, il était vieux jeu ! Ligne Maginot et compagnie… Eh ben non. D’abord, la Ligne Maginot a servi, même si elle a été mal employée par un haut commandement français qui avait une guerre de retard. Et le dit De Gaulle avait milité en son temps pour l’emploi des blindés. Ses écrits ont fait le bonheur d’un certain Heinz. Guderian, le théoricien allemand des blindés. Celui là même, justement, qui allait conduire l’offensive en France. En face de lui, De Gaulle et ses propres blindés, mal répartis, mal coordonnés, bien que plus puissants que les panzers.

Appel_du_18_juin_1940-2.jpg

 Tout ca pour dire (je m’emballe, je m’emballe) que nous avons cédé au mythe de la facilité. Nous voulons gagner toujours plus, consommer toujours plus. On n’a de cesse de regarder notre « pouvoir d’achat » sans regarder ce que cela impose à notre environnement. Pouvoir d’acheter quoi ? A manger ? certes, nous en avons besoin. De quoi se loger ? Oui, certes encore. On peut effectivement se trouver des besoins indispensables.

Mais il y en a plein d’autres qui ne le sont pas. Une belle voiture, changée tous les deux ans, pour « mieux » ? Un tout nouvel ordinateur ? téléphone portable ? Mon ordinateur a 6 ans, mon portable vient de rendre l’âme à l’âge canonique de 7 ans. Problème de batterie, pas de manivelle !

 Tout cela venu en droite ligne de  l’ « American Way of Life » que nous n’avons eu de cesse de vouloir imiter, au grand dam du Général.

L'Affiche "A tous les Français" à ne pas confondre

avec L'Appel du 18 juin

 

 Pourquoi De Gaulle s’était-il autant dressé contre les Ricains, alors qu’ils avaient aidé notre pays (voir ici la distinction à faire entre les grands idéaux et les basses manoeuvres ) ? Parce que Roosevelt ne l’aimait pas. Il le trouvait trop « dictatorial » et lui préférait Pétain qui avait « plus de légitimité » parce qu’arrivé au pouvoir « légalement ». Ce qui était vrai, dans le fond. Hitler aussi est arrivé au pouvoir légalement… Et on sait que les Ricains adorent la légalité. Mais dans le contexte, on comprend que De Gaulle ait eu la dent contre Roosevelt puis, plus tard, contre un pays qui voulait administrer la France comme un pays occupé.

Pour prendre le relais, il y a bien eu un résistant, paysan de profession, aujourd’hui député européen, qui arbore d’ailleurs les mêmes fières bacchantes supposées de nos « ancêtres » les Gaulois. Malgré un démontage à son actif, le score peut se réduire à cela : Bové : 1, McDo : 1100 et des poussières.

 Le combat était inégal, et la défaite prévisible.

 Que dirait-il, le grand Charles, s’il voyait désormais les deux millions de Français qui vont quotidiennement manger dans ces fast-foods d’inspiration étasunienne, hein ? Il se retournerait tellement dans sa tombe qu’on aurait qu’à y placer un alternateur pour remplacer l’EPR…

 

 

Publié dans Société

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Eric G. Delfosse (Pomme) 19/06/2010 23:01



J'ai roulé une pelle à ma maîtresse, hier, ça compte pour l'appel du 18 juin ?



Klatschmohn 19/06/2010 22:58



Du coup, au final, je ne sais pas trop où tu veux en venir... Parce que tu n'es pas contre MacDo, en soi, donc quoi? Que doit-on déduire de l'exemple de Bové?






Ronuick 20/06/2010 19:08



Moi je suis contre les abus de consommation...De la modération en tout...  Bové a ses convictions, je respecte çà... La manière de le faire, peut-être pas, encore qu'il n'y a pas eu de
blessés...Le problème pour lui c'est que le mcdo de Millau était très couru parce que celèbre...


J'aime le coquelicot.