Shakespeare s'en retournerait dans sa tombe...

Publié le par Ronuick

... Et si on pouvait brancher une dynamo sur son cercueil, on alimenterait au moins l'Angleterre (Pour l'Ecosse, ils sont en train d'expérimenter des hydroliennes).

 Car le fast-food est bien l'endroit où l'on écorche le plus la langue anglaise, et celle de Molière en sus. Déjà, rien que le nom "Fast-food" est une hérésie, fort bien remplacée par "restauration rapide". Las, les efforts de M. Toubon, Jeanne d'Arc de la langue française qui rien que pour cela mériterait une place à l'Académie (mais il est trop jeune pour cela), n'ont servi à rien.

 Exemple : le fameux "Bouteur" (on en revient à Jeanne d'Arc) qui doit remplacer "Bulldozer", ou le "ramdam" pour "buzz"... Moi, je vous dis, on en a contre Jeanne d'Arc, dont la symbolique a été trop accaparée par un certain Front. National parait-il, mais bon, en tant que national français, je ne m'y reconnais guère. Bref... Dernier exemple en date de cette mise à l'index de la "Pucelle" : le navire (à ce niveau là on ne parle plus de bateau) du même nom a été relégué au cimetière de navires de Landévenec, dans l'embouchure de l'Aulne, près de Brest.

Ah, on me dit que la brave Jeanne, porte-hélicoptère et navire école, avait fait son temps. 40 ans de sevice, elle avait toutes ses annuités, elle était bonne pour la retraite. Au temps pour moi !

Ce qui nous amène subtilement à deux informations importantes : l'une sur le français, l'autre sur l'anglais. Voyez comment j'ai écris "Au temps pour moi" ? Ca m'en a coûté, avec l'habitude d'imaginer ceci  : "autant". On me l'a dit, expliqué, que cela venait d'un commandement militaire. Et bien je l'ai vu, de mes yeux vu (et lu), sous la plume de Maurice Genevoix, dans "Ceux de 14". Oui, je confirme, c'est bien "au temps".

Bref. Et pour l'anglais ? C'est une anecdote, mais elle vaut son pesant de chaînes d'ancres (c'est donc du lourd). On parle de 'la" Jeanne. Ce doit être assez unique en France. Mais nos amis Anglais eux (non, je suis pas rancunier, même s'ils nous on piqué le Canada ce qui fait que j'ai le choix entre deux chefs d'Etat ; M. Sarkozy ou Mme Elizabeth II, étant bi-national), utilisent systématiquement le beau sexe pour appeler leurs navires.

Eh oui, iliens par nature, marins par nécessité, il était normal que les Angliches (Oups, les Anglais) magnifient leurs navires. Donc, pour eux, ce sera "She" pour parler d'un rafiot quelconque et non pas "it". Je vous le dis, ils sont nourris au varech que ca ne m'étonnerait pas. Et on ose les appeler Rosbif... Même la destruction du Bismarck fut pour les Britanniques source de tristesse. Et pourtant, on peut pas dire qu'ils l'ont fait par hasard : ils ont envoyé sur le monstre allemand la moitié de leur flotte de surface, appuyée par des avions embarqués et tout le toutim. Mais ils étaient quand même tristes de voir couler un si beau navire (si on aime les navires hérissés de canons). Trsites, mais soulagés. Il faut être Anglais pour comprendre, nous autres pauvres Français nous sommes trop cartésiens.

 Bla bla bla... Revenons en à nos fast-foods. On m'a fait la remarque que "Drive" ca ne voulait pas dire "rapide" mais "conduire" (To drive, drove driven pour les allergiques aux verbes irreguliers). Oui, certes, sauf que certains de nos concitoyens me l'ont sortie, celle là !

 Après, c'est notre légendaire "French Accent" qui est tordant : les "potatoes" appelées "Potatouss", ou "Potatoès" (comme Cacatoès), ou "Patatas" (Si, Hombre !) ou alors, tout simplement : "Patates".

 Le sundae est appelé sunday (dimanche), seundâé ou bien... saturday...

Le "Deluxe" est appelé Deleuxe par les snobs ou tout simplement "Luxe" par les amateurs de Rolex certainement.

Le "Milkshake" est mutilé en "Chèque", ou "Chaque". L'enseigne a décidé de mettre fin à ce crime de lèse-langue en mettant tout le monde d'accord, et nos oreilles au repos : ce sera "frappé".

Comme quoi la loi Toubon, avec un peu de retard, arrive partout.

Mais elle aura du mal avec tous les termes propres à l'entreprise, qui sont de notoriété publique vu le nombre de gens qui y bossent ou y ont bossé. Si vous voulez les connaitre, c'est ici. A noter, que certains restaurant n'utilisent pas tous ces termes. Ainsi, j'appelle mon préposé aux frites eh bien.... "Le type aux frites" ou bien "Mes frites".

Ca donne : "Mes frites ? C'est Samuel..."

Donc, dans certains restaus, on appelle cela le "friteur", accordable en genre en "friteuse". Donc "Jessica c'est ma friteuse".

Vous préférez quoi ?

Enfin, at last but not at least, le bacon.

Ah, celui-là... On nous le prononce souvent "Bâkon" avec une nasale en fin (soit en caractères phonétiques : [bakɔ̃] )

Ca fait plouc, n'est ce pas ?

Et bien c'est tout à fait français. car le bacon désignait, du XIIème au XVIIIème siècle, le jambon.

D'autres mots si anglais on une origine française : ainsi : la bourse s'appelait auparavant "bougette" puisque cette poche, qui contenait les sous (et non pas autre chose allant habituellement par deux) était acrrochée à la ceinture et bougeait lors de la marche. Les Anglais (qui aimaient déjà visiter la France dont la moitié leur appartenait) ont adopté le terme qui nous est revenu : c'est le fameux "budget" familial ou national. Ce que nous appelons les "Comptes de la nation" ou la "Loi de finance".

Là, M. Toubon s'est trompé : budget est tout à fait français !!!


Publié dans Mots doux

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Suzanne 18/08/2010 20:40



Si on peut se lâcher en se moquant de nos clients - oui, ils nous font vivre, mais ils nous font rire aussi - allons-y.


Dans la banque, on a souvent "Vous m'avez débité, rebitez moi !". Le client pâlit à peine le mot laché et il comprend que le pouvoir vient de changer de côté.


Le bon terme, c'est "re-créditez moi" et pour avoir l'air super-pro, le mieux c'est "extournez ces frais".


 



Ronuick 19/08/2010 09:46



Ah oui, du verbe "rebiter".... Très classe, non ? Bon je songerais à "Extournez ces frais", c'est autrement plus smart !



Lizzouille 18/08/2010 12:50



Biensûr, moi aussi les clients me font bien rire, même si c'est d'un autre genre que dans la restoration rapide. Chez moi par exemple, ils arrivent à faire des bulles de savon carrées ou
triangulaires, ils sont très forts !! D'ailleurs, tu m'as tellement inspirée que j'ai commencé à noter les perles moi aussi.



Ronuick 19/08/2010 09:45



Eh ! Ils défient les lois de la Physique ! Tu pourrais leur répondre : "Eh, c'est un truc auquel Einstein n'a pas encore pensé !" Bises



Madwolf 18/08/2010 10:06



Mouarf. "Un sandwich de hambourg au fromage, une portion de pomme de terre frite, une boisson pétillante aromatisée à l'orange et un dimanche s'il vous plait". Faudra que j'essaye ça à l'occasion



Victory à portsmouth (à 12 ans, je me suis juré d'aller le voir un jour)Cutty Shark en restauration
Hermione en cours de fabrication à Rochefort
L'histoire du Wasa m'a toujours fait rire (1 nautique de carrière à la mer)
le mot "drakkar" est récent (19eme siècle). Il vaut mieux parler de "knörr" (transport) et ""karv" (guerre). J'en avait visité un lors d'une expo sur les vikings à Paris. Une vraie merveille de
construction navale.



Ronuick 18/08/2010 11:10



Viens chez nous passer cette commande, qu'on rigole !


J'avais oublié l'Hermione ! Et le Vasa, oui, symbole de vanité, finalement.... A l'époque où la Suède était une grande puissance !



Klatshmohn 18/08/2010 00:25



D'ailleurs, comment prononces-tu sundae et sunday? En mettant un petit y mouillé à la fin, genre sundeil?



Ronuick 18/08/2010 08:29



ouille ouille ma prononciation est déplorable... Mon "sundae" est plus ouvert sur la fin en "è", alors que mon "Sunday" est un peu "mouillé". 


Ai-je dit dans mon article que certaines personnes nous demandent directement un "dimanche" ?



Suzanne 17/08/2010 20:31



Sundae vient en effet de Sunday.


Extrait et traduction libre de "Why do we say it" :


En 1890, le glacier EC Berners dans le Wisconsin a l'idée de verser du sirop de chocolat, habituellement utilisé pour ajouter aux sodas (!) sur une glace.


Il vend cette glace un peu plus cher, sauf le dimanche, jour de promotion où il la vend au prix habituel de la glace.


Une petite fille la lui demande un jour de semaine "je veux cette glace avec le chocolat au même prix que la glace normale". Le glacier lui répond que ce n'est que le dimanche "Alors, on doit
être dimanche parce que c'est ça que je veux" (Then this must be sunday because I want this kind).


La remarque a fait le tour du quartier et la glace a été baptisée. La modification orthographique est venue avec le temps, peut être aussi en fonction de l'accent local


Si ce n'est pas vrai, c'est bien trouvé.


 



Ronuick 18/08/2010 08:21



L'explication est plausible et elle est jolie je trouve. Merci de ces précisions !