Reconnaissance du portefeuille ou respect des PMR ?

Publié le par Ronuick

La question est la suivante et je vous la donne en mille : 

"Qu'est ce qui empêche certaines personnes de se garer sur les places pour handicapés (nommées également PMR : Personnes à Mobilité Réduite dans notre nouveau jargon "politiquement correct") ?"

Réponses au choix : le RESPECT d'autrui ou la PEUR de se prendre une prune bien méritée ?

 

 Je sais que beaucoup d'entre nous avons du respect pour les difficultés rencontrées par les PMR pour se déplacer. Nous avons peut-être tous en tête le fait que ça pourrait nous arriver. Eh oui, il suffit d'un accident (forcément bête, comme tous les accidents), pour devenir handicapé, de manière plus ou moins importante. Sans aller jusque là, je pense à tous les jeunes parents qui ont un mal fou parfois à balader la poussette de leur bout de chou à cause des voitures mal stationnées, des bordures de trottoirs mal concues...

 

 Mais d'autres s'en contrefichent éperdument, s'en tapent le popotin, s'en foutent comme de leur première chemise et considèrent ces places comme étant des endroits particulièrement pratiques. En effet, elles sont généralement à côté des accès (ben oui...) et, si elles sont bien conçues, elles sont plus larges. Non, c'est pas pour éviter de rayer votre belle carrosserie, mais bien pour permettre de déplier à côté de la voiture un fauteuil roulant !

 

 En tant que responsable de restaurant, je me suis auto-institué "surveillant" de ces places. C'est parfois du sport !

 

Ainsi, soit on va demander gentiment aux gens de se garer ailleurs et ils font "Oh ! excusez moi je n'avais pas vu !" et ils déplacent leur voiture, soit c'est plus compliqué.

Un jour, un jeune s'est garé en scooter sur "la" place. Je le vois arriver en file, et lui demande, tout aussi poliment, de déplacer son engin.

"J'en ai pour une minute !" qu'il me fait

"Pas grave. Je vous demande de déplacer votre scooter, SVP monsieur".

"Après.. j'emporte !"

"Ok", je lui fais, puis, me tournant vers les caissiers : "Vous ne servirez pas le jeune homme tant qu'il n'aura pas enlevé son scooter de la place réservée aux handicapés".

Miracle ! Le jeune type a rebroussé chemin sous les regards inquisiteurs des clients, et est parti... Bon, j'ai perdu un client... Tant pis !

 

Un autre jour, je vais voir un type pour lui demander d'enlever sa voiture. "Non", me fait-il sèchement. Alors, je décide d'utiliser une autre méthode. "Vous savez, les gendarmes passent souvent ici, justement pour vérifier qu'il n'y a personne sur ces places".

Et là, il me regarde et je vois une lueur ineffable dans ses yeux. Il me remerciait litteralement du regard. "Oh ! Merci ! C'est gentil de me prévenir". Et moi, le voyant enfin déplacer sa caisse, je secouai la tête. Le type avait changé d'avis de peur de se prendre une prune. Je ne suis pas allé lui dire ensuite que les gendarmes ne venaient jamais là, vu que c'était un parking privé.

 

 Mais des histoires pour la place PMR, j'en ai eu d'autres, je les raconterai plus tard...

Publié dans Société

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Céline 24/05/2010 00:37


Ah ! Très bonne méthode que celle qui consiste à intervenir dans l'intérêt du client ! Même si c'est pour parvenir à ses fins.
Je citerai aussi :
- la flatterie (efficacité maximum), dont voici les deux mamelles : "Vous avez tout à fait raison, cependant..." et "Je vous remercie d'avoir porté à ma connaissance cette remarque fort judicieuse
!" (Il faut le dire lentement et avec conviction),

- la fausse naïserie ou la nigauderie,dont les phrases clés sont : "Vous croyez ?","Pas possible !" ou encore la phrase tueuse "Vous savez je suis un peu blonde, heiiiin !" (bon c'est plus facile
pour une femme !)

- et la culpabilisation, dont un extrait donnerait : "Si je fais ce travail c'est pour survivre et nourrir mes trois enfants et mes vieux parents tetraplégiques, vous savez..."

Les métiers au contact du public requièrent tous patience, selfcontrole et courage !
Mais on ne s'ennuie pas, quelle récompense !

Merci pour ce blog !