Plus fort que l'acier de Krupp, le Zimmerit !

Publié le par Ronuick

Kesako ?

Les amateurs d'histoire auront peut-être reconnu ce dont on parle. Le Zimmerit  est une sorte de pâte dont la principale caractéristique est d'être anti-magnétique. Pourquoi je vous cause de ça ?

 

 Dans notre société, il est de bon ton d'afficher sa solidité, sa vaillance, son courage, son côté inébranlable. En d'autres temps, on a longtemps fait référence à la solidité de l'acier. Joseph Djougatchvili en a fait son pseudonyme, car Stal, en russe, c'est l'acier (comme en allemand d'ailleurs : stahl) et Stalingrad est la ville de Staline.

Aux temps triomphants de l'industrie allemande, on se disait "fort comme l'acier de Krupp". On disait aussi "froid comme de l'acier". 

Cette grande firme allemande, qui existe toujours d'ailleurs, avait en effet la réputation d'être un grand sidérurgiste, et l'Allemagne en général était, au temps du Second Reich (1871-1918) la première puissance industrielle d'Europe, et son acier était reconnu. Les esprits critiques diront que Krupp était aussi un marchand de canons, mais après tout, notre Sanofi-Aventis national n'est-il pas le descendant (via Hoechst)  d'IG Farben, fabricant du Zyklon B ?

Toutes ces histoires de fusion sont bien compliquées, et si on fouille bien, on trouve toujours des ascendances douteuses.Et d'ailleurs, Krupp s'appelle désormais ThyssenKrupp, après une autre fusion.

 

 Revenons à l'acier. C'est un produit solide, dont on apprend au fil du temps à maîtriser la délicate fabrication. Eh oui, ça à l'air con, une barre en acier, mais c'est pas évident à fabriquer ! L'acier des débuts est cassant. Celui qui forme la coque du Titanic, par exemple, contient trop d'impuretés (du soufre) , ce qui le rend fragile, surtout à basse température. On connaît la suite.

Mais aujourd'hui l'acier est un produit de haute technologie, et on peut effectivement se dire "dur comme de l'acier". Grrr ! Ca fait peur, ça vous pose un homme !

Mais les malins vont me dire : et le chêne et le roseau de la fable ? Vous savez, celle de La Fontaine (décidément, j'aime bien ce type), qui raconte comment le vent a fait tomber le chêne si solide et a simplement plié le roseau ? La grande morale : il faut souvent plier pour survivre. Plier, mais ne pas rompre...

 

 Et bien il y a plus fort que tout ça dans la gestion des conflits et des plaintes clients. Oui oui, on parle de ça, là, j'avais oublié de l'indiquer.

C'est la Zimmerit. Avez-vous consulté le lien ? Il s'agit donc d'une substance anti-magnétique qui recouvrait les panzer allemands, dont le blindage (souvent fait d'acier Krupp, d'ailleurs) avait la fâcheuse tendance à attirer les mines antichars magnétiques. Vous savez, ce sont ces explosifs qu'un soldat courageux devait fixer au char ennemi quand il passait près de lui (et éviter de se faire dégommer ou écraser) pour le détruire. Ça causait de sacrées pertes aux Allemands (et aux pauvres troufions chargés de l'opération) , qui ont donc trouvé la parade. En mettant cette pâte sur le blindage, les mines ne s'accrochaient plus ! Malin, non ?

 

 Dans le commerce, quand vous avez affaire à un client particulièrement chiant, c'est utile. Jouez le dur, et vous risquez de casser. Ça se trouve le gars en face a beaucoup d'arguments (verbaux ou physiques) et pourra vous faire craquer. Donc, imaginez vous recouvert de Zimmerit : le verbiage du gars ne s'accrochera pas à vous et ne vous affectera pas. Et le gars en sera maté.

 

Vous pouvez aussi appliquer la tactique moins belliqueuse du canard, dont le plumage laisse couler sur lui les gouttes d'eau. Un véritable tissu déperlant !

Et les plus retors appliqueront la tactique dite du "miroir" et se débrouilleront pour que toutes les méchancetés du client lui reviennent en pleine face. Avec ou sans déformation, de manière plus ou moins directe. c'est que ça réfléchit, un miroir !

 

Et les esprits les plus caustiques diront que les Russes ont vite trouvé la parade (je crois même qu'ils avaient trouvé le truc avant qu'on invente le zimmerit) : ils dressaient des chiens à aller chercher leur nourriture sous des tanks. Sauf que, à la bataille, les chiens affamés étaient lancés sous les chars allemands, avec une mine sur leur dos, qui explosait au contact du blindé ennemi. Brrr...

Publié dans Mots doux

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