Physionomiste le fast-foodien ? Pas pour aider les enfants disparus !

Publié le par Ronuick

Je vais aujourd’hui vous conter une triste histoire. Ou, plutôt, une triste réalité des choses.

Il y a peu, Jess faisait un article sur son blog sur les enfants disparus. Nous savons tous (et ceux qui ne connaissent pas sont priés d’aller voir) qu’elle a des raisons personnelles de s’intéresser à ce combat.

 La disparition d’un être cher, sans traces est un épisode que je n’ose même pas imaginer. Y a t-il une échelle dans l’horreur et l’indicible ? On va nous seriner que mettre un corps en terre est, quelque part, une sorte de pis-aller, que le plus dur est de ne pas savoir ce qu’est devenue la personne. Où est-elle ? Souffre t-elle ? et si elle est morte, où repose son corps ? On peut effectivement se faire plein de films qui n’ont rien à envier à ceux de Stephen King.

On ne va donc pas verser dans la psycho à deux balles et essayer de graduer la mesure de la peine vécue par ceux qui ont perdu un proche et qui ont enterré un corps et ceux qui restent sans nouvelles du disparu et s’imaginent toutes sortes de choses. On va dire que l’un peut faire son deuil (expression dont j’ai appris au cours des années l’idiotie, désolé) et l’autre pas.. Enfin, bref, c’est un match idiot duquel ne peut sortir aucun vainqueur.

 Revenons à nos disparus. On pense bien sûr tous que ca ne peut arriver qu’aux autres, et on n’aime pas trop en parler, de peur que ca nous arrive. Parler des mauvaises choses semble les attirer. Le populaire le dit : Quand on parle du loup…

 Alors, pour nous rappeler le sort (d’ailleurs inconnu) de ces personnes disparues (souvent des enfants), on placarde dans tous les lieux de France et de Navarre ces affiches aux visages fixés par l’objectif.

Les regards sont souvent rieurs, ils témoignent d’un temps où tout semblait rose, ou la vie s’écoulait, plus ou moins paisiblement, mais où la personne était parmi les siens. Les affiches jaunissent, les couleurs ternissent sous le soleil. On les remplace parfois et, à chaque fois, les visages nous regardent. On passe devant sans même plus les voir, ce n’est pas qu’on les ignore, mais on se dit « qu’est ce qu’on peut faire ? ». Et puis on a toujours cette peur qui nous taraude : et si ça nous arrivait ?

 Pour faire la nique au temps qui passe et au changement inéluctable des visages (mon fils m’a dit du haut de ses 5 ans : « Papa, tu sais, quand on est petit on a une tête et quand on est grand, on a une autre tête »), on a recours au vieillissement par informatique. C’est même utile pour retrouver Ben Laden (ca a même fait couler beaucoup d’encre), mais c’est tout de même plus intéressant pour essayer de sauver un enfant devenu grand mais dont on ne sait toujours rien.

Le problème, c’est qu’on ne s’improvise pas physionomiste. Je vois le visage d’un de ces enfants perdus, je ne pourrais même pas le reconnaître dans la rue. Ben oui, c’est triste, mais c’est comme çà.  Par contre, ce qui est dommage, c’est que le con**d qui me saoule tous les soirs, je le reconnais entre mille, même s’il est pas venu depuis trois mois. Ca c’est le genre de tronche qu’on oublie pas.

 On n'oublie pas celui qui ne dit jamais bonjour, qui nous fait du "Oh, t'es bonne toi !", du "J'veux un kebab !", "Oh, c'est le kik à ton père ?" "Le client est roi". On en cauchemarde même la nuit, si, si. Oui, c'est pathétique.

Et c’est comme ça que des dizaines d’enfants sombrent dans l’oubli. Parce que nous faisons plus attention à ceux qui nous emmerdent qu’à ceux qui ont besoin de nos yeux. Et ca, c'est vraiment pathétique.

 

Publié dans Société

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