Nouveau sport : lancer de sandwiches !

Publié le par Ronuick

Un nouveau sport devrait bientôt faire son apparition parmi les disciplines olympiques. Quoique… Il s’agit du lancer de sandwiches. Avec réception par un membre du personnel des fast-foods. Une sorte de retour à l’envoyeur, en somme. Je m’explique.

Tout a commencé lorsqu’une caissière est venue me prévenir qu’il y avait un peu de grabuge devant, suite à une sombre affaire de promotion. La caissière en question me prévenait que sa collègue avait fort justement refusé de faire une promotion qui ne pouvait être accordée qu’au détenteur de la carte nominative.

J’arrive sur ces entrefaites et prend donc la place de ma subordonnée aux prises avec une bande de jeunes (entre 15 et 18 ans) du quartier voisin. Certains étaient déjà installés sur une grande table ronde que je voyais à moitié couverte de ketchup. (C’est pas eux qui nettoient, alors…)

« Effectivement, dis-je, ma collègue a raison. Votre carte a déjà été utilisée par ce monsieur là »

« Oh, mais c’est ma carte ! » fait un autre type. « Je l’ai pas encore utilisée ».

Je hausse les épaules, d’un air faussement navré. « Elle n’est utilisable qu’une fois par jour. Donc… »

"Mais c’est pas moi qui l’a utilisée !"

"Tant pis ! Faut lire ce qu’il y a écrit dessus !"

"Oh, t’es raciste, c’est çà ?" (Vous noterez l’utilisation de l’argument soi-disant imparable).

Je ne moufte pas, d’autant que la collègue qui a refusé la promotion est, elle-même d’origine maghrébine et que le collègue qui vient me prêter main-forte, un chef d’équipe, est antillais. « Un problème, Nico ? » qu’il me demande.

« Non, ca va. Ces jeunes gens vont gentiment prendre leur commande et s’installer. »

C’est à ce moment (quand l’argument « T’es raciste ! » n’a pas fonctionné) que les esprits s’échauffent et que les types qui étaient autour de la table ronde se lèvent et me balancent leur sandwiches à la figure.

Alors, stoïque comme de Gaulle sortant de Notre Dame un 25 août 44 sous les balles perdues des rares Allemands restants, j’attends le passage de l’orage. C’est pas dur, ils tirent comme des sapajous.

« Mais allez-y, les encourage-je. Vous les avez payés, vos sandwiches… Vous avez le droit d’en faire ce que vous voulez ! »

Puis, à court de munitions, ils partent, laissant leur repas quasi intact sur la table (à l’exception notable des sandwiches). Je laisse ma collègue : « Bon, j’ai une caisse à compter, je te laisse. »

Pour revenir trois minutes plus tard. Les types sont revenus pour menacer la caissière : « Oh, toi, on te connaît, au quartier. Tu vas voir ! » avec un accent racaille à couper au couteau.

Et elle, de leur répliquer. « C’est ca, c’est ca ».

Ce qui n’a visiblement pas plu au type en question : « Quoi, tu réponds ? » Ben ouais, que voulais tu qu’elle fasse, qu’elle te dise oui et amen ? Et le courageux matamore (ou coquelet) de partir fissa avec son poulailler lorsque les deux « chemises » arrivent au comptoir.

Publié dans Société

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baya 03/08/2010 01:09



BienBien, moi j'ai eu le privilège de "recevoir" un McFlurry !! Je suis resté étonnement calme, par contre mon collègue, lui , toujours très très calme c'est mis dans une colère noir ! Je ne
l'avais jamais vu comme cela en trois ans ! Cela m'a touché car il a pris ma défense mais aussi très impressionné ! Jamais je ne chercherais à l'énerver !



Ronuick 03/08/2010 09:06



Certains managers (on en a une comme çà chez nous) ne s'enervent que lorsqu'on s'en prend aux équipiers. Et alors là, c'est même pas la peine pour le client d'avoir "ce qu'il veut". J'en
discutais avec elle, et elle me fait "Je me rappelle du temps où j'étais équipière".


En clair : on n'a aucun respect pour le manager qui dit oui et amen au client et par contre on se sent en "sécurité" avec celui qui cherchera à protéger "ses" équipiers. Si, bien sûr le client a
manifestement tort...



Céline 29/07/2010 17:52



Le comportement de groupe, c'est délicat, c'est sûr...


Note que tu es au sein de ton groupe, toi aussi, et en plus sur ton terrain. Moins facile pour ta caissière qui rentre chez elle. En plus une femme, c'est plus facile à
emmerd... Si elle a des appuis dans son quartier, elle est protégée par son groupe.


On nage au coeur de la socio dans ton job, Ronuick !!


 


En dehors de ça, les gens ont bien trop l'habitude que l'on écorne la loi et les règlements juste pour eux (Tu sais que je n'aime pas les chauffards...)


 P't-être que tu mets des limites à la société et que ça fait du bien à ces petits jeunes... Ils ont essayé de faire les malins, ça n'a pas marché ! Si tout le monde plie, ce sera bientôt la
loi du plus fort qui va régner.


Merciiiii Ronuick !


(Courage !)



Ronuick 01/08/2010 06:43



J'attends avec angoisse le jour où l'un d'eux sortira une arme... Je vais pas jouer au héros ! Une de mes collègues s'est faite braquer il y a des années et moi-même deux cona**** m'ont extorqué
du fric sous la menace d'un couteau, j'ai pas essayé de résister !


 



Dinedine 28/07/2010 19:33



"Y en a qui sont bien courageux en bandes.."


C'est bien vrai, malheureusement...et souvent lorsque la personne est seule face à toi (sans ses potes autour), ben bizarrement son comportement n'est plus le même -___-



thebestseller 28/07/2010 08:23



le plus difficile dans cette situation


Il ne faut  rien laisser transparaitre ni stress ni de peur...


je fus aide éducateur ! les effets de groupes sont super délicats à gérer


et ta  caissière,elle n'a pas eu trop tracas après ???



Ronuick 28/07/2010 08:56



Non, elle n'a rien eu, fort heureusement. Faut dire qu'elle a du répondant et dans le quartier, elle a aussi ses relations... Y en a qui sont bien courageux en bandes...


Educateur, c'est quand même un boulot prenant et stressant. Mais je peux t'assurer que tu sens l'adrénaline monter et que oui, la peur tu la ressens. Heureusement, j'ai jamais été confronté à une
arme. Enfin, au boulot...



Seb 27/07/2010 19:03



en tout cas, bravo ^^ :)