La vertiginance des chiffres

Publié le par Ronuick

La vertiginance : c’est un beau néologisme, non ? Il m’est venu comme cela, dans une fulgurance dont j’ai moi même le secret. C’est à faire pâlir d’envie la célèbre et dépassée « bravitude ».

 

 Car moi, les chiffres me donnent le vertige. Imaginez donc un peu combien il peut y avoir d’étoiles dans l’Univers. Vous y êtes ? Non, pas vraiment ? C’est normal. Déjà qu’il y en a plusieurs dizaines de milliards dans notre seule galaxie, et qu’on estime qu’il y a des millions de galaxies.

 Et… Stop. Ces galaxies, cet univers. Il est fini ? Infini ? Arrivez-vous à imaginer quelque chose d’infini ? Et s’il est fini, qu’il y a t-il autour ? Le néant ? Mais il a forcément une existence !

 

 Bref, ce côté vertigineux des chiffres peut avoir des côtés beaucoup plus triviaux. Imaginez que l’autre jour j’étais sur mes toilettes… Ben oui, comme tout le monde, comme le Chef de l’Etat, la Reine d’Angleterre ou mon voisin de palier. Et je m’imaginais combien de toilettes il pouvait y avoir rien que dans une ville, puis dans un pays. C’était suite à un article sur la consommation croissante de papier toilette, vous voyez, il n’y a pas plus trivial.

 

 Les lignes que je lisais évoquaient la Chine. Vous savez, le fameux « péril jaune » décrié autant par les Etasuniens que les Soviétiques. Il était question du fait que, les conditions de vie s’améliorant, les Chinois accédaient à des WC nécessitant du papier toilette… Augurant une belle croissance pour les fabricants de ce papier. Certes moins glorieux que celui des journaux ou des magazines. Mais que voulez-vous, l’argent n’a pas d’odeur. C’est d’ailleurs ce que disait Vespasien à ses conseillers qui se désolaient de le voir taxer l’urine (issue des vespasiennes…) qui servait alors pour la lessive. Comme quoi le monde est un éternel recommencement.

 

 Et vous me voyez, là, m’exciter comme un beau diable contre le gaspillage de serviettes, de sauces, de ressources de toute sorte dans un fast-food. Mais quand vous multipliez par 10, 100, 1000, 100000, vous voyez le truc ? Ca donne le vertige, oui.

 

Une mauvaise langue (plus intéressé par le côté humain de la chose que par la conso de serviettes )  dira : « et si toi tu connais plein de gens bizarres dans un seul restaurant, qu’en est-il dans le monde entier ? »

Pas mal, en effet... Pour résumer en trois phrases :

Un proverbe italien dit : « La mère des imbéciles est toujours enceinte ».

 

Autrement dit : « on est cerné par les imbéciles »

 

Mais : « On est toujours le con de quelqu’un ! » (je suis donc le con de celui qui peut pas trop meblairer et ils doivent être légion)  ce que la Bible disait autrement :  « Pourquoi vois tu la paille qui dans l’œil de ton prochain alors que tu as une poutre dans le tien ? » C’est autrement plus châtié, non ?

 

Donc, la prochaine fois que vous irez au fast-food et que devant votre air pensif, votre compagn(e)(on) demandera « A quoi tu penses ? », il ou elle risque d’être interloqué si vous dites « a du PQ »

 Et là, vous aurez à raconter toute cette association d'idées. Si vous voulez être romantiques, restez en aux étoiles. C'est mieux.


 

 

 

Publié dans Société

Commenter cet article

Madwolf 31/05/2010 17:29


Estimation WWF : Chaque jour l'équivalent de 270 000 arbres serait utilisé pour fabriquer du papier hygiénique ou ménager.