L'arroseur arrosé

Publié le par Ronuick

Tout le monde a cette fameuse scène en tête (de 1895, par les frères Lumière !), ou alors peut aller la regarder. 

 

 De cette spieglerie, on en a fait une expression : c'est souvent l'arroseur qui se retrouve arrosé. En d'autres termes, si je mijote un coup pendable, il y a de bonnes chances que ca se retourne contre moi. l'image du boomerang est elle-même sympa.

 

 Nous avions un client, qui ne se lassait jamais de nous faire des remarques. Pour tout, n'importe quoi, ce n'était jamais assez bien pour lui, assez rapide, assez chaud, assez frais. nous n'étions pas assez polis... Le pire, c'est que nous avons du le sortir deux fois du restaurant car il s'était mis à insulter les employés !

 

Un jour, je l'ai rencontré dans la rue, en ville. Il s'était passé une bonne année depuis sa dernière visite. Il est venu me voir, tout penaud, demandant du travail parce qu'il venait d'être licencié. Que voulez-vous lui dire d'autre que : ramenez votre CV, votre lettre de motivation, mais je ne sais pas ce qui vous motiverai assez pour faire le me^me travail que ceux que vous jugiez si cons !"

 

 Vous croyez vraiment que ce type a été embauché ? Alors un petit conseil à tous les "bons clients" qui se croient tout permis, la vie est telle que, un jour ou l'autre, vous pourriez être derrière le comptoir. Ce n'est même plus l'application de l'adage suivant :"ne fais pas à ton prochain ce que tu n'aimerais pas qu'on te fasse", mais du simple bon sens, presque politique. Vous avez beau travailler actuellement dans une chouette entreprise (mon client travaillait en Allemagne toute proche où il était très bien payé), vous n'êtes pas à l'abri de ce qu'on appelle "restructuration". C'est ce qui est arrivé à cet homme qui s'est tout d'un coup retrouvé sans rien. N'ayant pas fait d'études poussées, puisque l'usine payait bien, plus qu'un prof, par exemple, il s'est retrouvé grosjean comme devant. Mais en se montrant insultant, voire violent envers les employés qui le servaient, il a perdu toutes ses chances d'intégrer une entreprise qui elle, par la force des choses, ne délocalise pas !

 

 En effet, en période de baisse d'activité, un fast-food normal ne licencie pas. Il compte sur le "mouvement naturel" du "turn over". Je vosu rassure, il ne s'agit pas de pousser les gens à la démission, mais bien de compter sur le parcours de vie de chacun : untel aura fini ses études, tel autre ira les poursuivre ailleurs. Il suffit parfois que deux ou trois employés quittent ainsi l'entreprise pour être de nouveau "en ad"quation avec les conditions du marché. Parce que l'un des besoins fondamentaux de l'Homme, c'est évidemment de se nourrir.

 

Donc, la prochaine fois que viendra en vous une envie irrépréssible de faire sentir à l'employé son incompétence, dites vous bien que vous pourriez très tôt être à sa place. C'est comme les accidents, ca n'arrive pas qu'aux autres !

 

Ah, si les frères Lumière avaient pu deviner que leur petit film aurait, plus d'un siècle après sa diffusion, valeur morale ! Et dire que ce n'était qu'une saynète d'espièglerie destinée à faire rire les spectateurs de l'époque !

Publié dans Société

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Yoda Bor 12/06/2010 09:04



Ce qui est fou, c'est que même mécontent, il continuait à venir.


En général, quand on n'est pas content d'un restaurant, on n'y retourne pas !