J'ai pas eu ma pub !

Publié le par Ronuick

 

Signe des temps :  nous vivons dans une société tellement complexe, économiquement parlant, que nous ne savons plus vraiment qui est chargé de quoi. Aussi se réfère t-on à des schémas simples et parfois simplistes pour nous en sortir. Ainsi, il est de bon ton aujourd’hui de déléguer, tout et n’importe quoi.

Tenez, l’autre jour, je me suis demandé qui assurait la formation de l’assistante maternelle qui garde mes enfants. Je me le suis demandé, car apparemment, on y apprenait des choses qui défiaient le bon sens commun (vous me direz, parfois, certaines dispositions légales défient le bon sens commun…). Pour la maman des enfants comme pour moi, il paraissait logique que c’était le Conseil Général qui assurait la formation, et c’est donc à cet organisme que nous voulions nous adresser pour avoir des explications. Oui, car selon la formatrice, nous, c'est-à-dire les parents, étions dans l’illégalité la plus totale, exploitions l’assistante maternelle et, suprême délice, étions des parents maltraitants et que le devoir de l’AM était d’appeler le 119.

Pourquoi donc ? Parce que c’est apparemment maltraiter un enfant que de lui mettre deux jours de suite les mêmes vêtements (propres). Attention, j’ai pas dit les mêmes « sous-vêtements » ! Et puis comme la plus jeune pleure à chaque fois qu’elle doit aller chez la « nounou », c’est forcément de la faute de la maman qui est une mère indigne, à dénoncer aux autorités… Alors que la petite a tout simplement envie de rester avec sa maman et que chez cette nounou, justement, l’ambiance n’est pas au beau fixe...

Bref… Nous voulions donc contacter le CG, lorsqu’on apprend que la formation est dispensée par un organisme privé ! Eh oui, on délègue tout !

Quel rapport avec le fast-food ?

 Vous avez certainement reçu, dans vos boites à lettre, des prospectus vantant les promotions « exceptionnelles » de tel ou tel établissement (même si vous avez apposé un « stop pub » sur votre boite aux lettres). Par exemple :    

              3 burgers géants + 2 grandes boissons + 2 grandes portions de frites le tout à 17.40 € !

Et le tout à l’avenant…

Ceci est bien sûr fait pour doper le trafic durant des périodes traditionnellement creuses (l’été quand on n’est pas au bord de la mer, le mois de janvier). Et ces pub sont distribuées par un opérateur externe, qui peut être public, ou privé, selon le bon vouloir de l’agence de communication. La seule consigne donnée par le franchisé de l’établissement est de « bien arroser » la zone et , si possible, de ne pas mettre à Toulon les pubs destinées à Brest ! AU niveau des restaurants, nous n’avons donc aucune prise sur cette distribution.

Mais comme je vous l’ai dit, ca semble tellement normal que les pubs Mac soient distribuées par Mac (et pourquoi pas, même, par les équipiers ?) que nous avons ces scènes :

         Bonjour !

         J’ai pas eu mes pubs !

         Ah, je suis désolé, vous habitez où ?

         Ben là (on me donne un nom de rue que je connais vaguement). Mon voisin en a eu, lui, et pas moi (jalousie !!!)

         Il y a du y avoir un petit problème de distribution alors…

         Vous devriez faire plus attention !

         Mais ce n’est pas nous qui nous en occupons !          

         C’est votre nom dessus !

        Certes, mais tout ceci est opéré par l’agence de communication qui n’a aucun lien avec nous si ce n’est que nous les payons…

En général, comme vous le savez sans doute, ça s’arrête là. La personne prend sa commande, et si on sent qu’elle est vraiment sincère dans sa détresse on peut, en tant que manager, faire un petit « cadeau » (trois fois rien, un dessert offert par exemple), et bien sûr si la personne s’est montrée sympathique.

Mais d’autres fois, ça va beaucoup plus loin :

          Si c’est comme çà j’exige (j’aime ce verbe là, non ?) d’avoir la promotion qui est indiquée.

 

Petit moment où l’on reprend son souffle.

 

         C’est dommage que vous n’ayez pas le petit bout de papier en question, il est indiqué dessus que pour en profiter, il faut le « présenter ». Et, à ce que je vois, vous n’avez pas de coupon promotionnel à me présenter, donc…

        Mais c’est pas de ma faute !

         Pas de la mienne non plus !

         Vous pouvez vous arranger… !  De toute manière, vous magouillez toujours.

         Je ne vois pas vraiment de quoi vous parlez. Une promotion doit toujours être validée, soit par un ticket qui reste dans la caisse pour que l’employé n’ait pas de problème (oui, sinon on apelle cela du vol…) ou alors par le manager.

          Vous êtes le manager !

          Oui, mais je fais des promotion à mon bon vouloir. Et j’ai pour principe de ne pas faire de promotion suite à des comportements désagréables. Et là, c’est le cas.

 

Vous avez alors une chance sur deux : soit le gars sent sur lui tous les regards amusés des autres clients qui attendent et qui aiment voir un perturbateur se faire clouer le bec (on n’a pas beaucoup évolué depuis le pilori du Moyen-Age), il se calme et prend sa commande en maugréant.

Soit il explose. Et c’est encore plus marrant parce que tout ça à cause d’un petit bout de papier qu’il n’a pas eu dans sa boite aux lettres. Et que si vous réfléchissez, il est quand même venu sachant qu’il n’avait pas de promos. Soit il ne comptait pas dessus, soit il avait prévu de faire son scandale pour avoir sa promo.

Donc vous gardez votre calme, vous rigolez intérieurement et vous appliquez la technique déjà enseignée de la Zimmerit. Vous savez, ce revêtement antimagnétique sur les blindés allemands destiné à empêcher l’accrochage de mines magnétiques.

Dans le cas présent, les mines sont les insultes. Vous ne les laissez pas s’accrocher à vous, vous les laissez glisser (parfois, c’est pas évident, vous avez envie de répliquer, mais bien, hein !) puis, dans un suprème mouvement, vous profitez d’une interruption due à l’un des équipiers qui vous pose une question pour tourner le dos au type (il ne vous intéresse pas outre mesure) et montrer que c’est vous le chef ici Et vous donnez vos instructions au personnel. Qui rigole lui aussi (intérieurement) et qui met une sacré bonne volonté d’exécuter vos consignes.

C’est vous le chef, il n’y a personne d’autre pour pouvoir donner raison au client que vous, et vous vous en fichez éperdument. Au bout de cinq minutes, en général, il est calmé. Est-ce qu’il reviendra dépenser ses sous chez vous ? Franchement, je m’en tape… Parce qu’il y a de bonnes chances que oui. Et plus tard, quand son regard croisera le votre, il y aura toujours de l’animosité dans le sien. Et le votre pétillera en souvenir du bon moment passé à le casser sans rien faire.

Tout ca pour une pub non distribuée ! (ou piquée dans la boite aux lettres !)

 

Publié dans Société

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Eric G. Delfosse (Pomme) 05/09/2010 09:41



A cette heure-ci, c'est plutôt du pain, du Kiri (pub gratos) et du café pour tremper le pain dedans...



Eric G. Delfosse (Pomme) 05/09/2010 02:15



Mééééééééé ?


 


Je n'ai pas reçu la pub non plus, moaaaa ! ! !





 


Tant pis, vais être obligé de manger chez moi... Snif...



Ronuick 05/09/2010 09:25



Oah ! Tu te fera une bonne blanquette de veau avec une tarte... aux pommes en dessert !



Legleg 22/07/2010 12:02



Encore un petit problème de mise en page ,certaines parties du texte sont coupées...


Quand on demande gentilment et qu'on est poli, on les a les promos : j'avais vu une pub sur internet, quand je me suis rendue au kik du centre commercial, j'ai posé la question. Le gars a appelé
le manager qui m'a fait la promo.



Ronuick 22/07/2010 12:04



Eh oui, la politesse !


MErci de l'info sur les pages coupées. Comment va en Turquie ?