Il faut sauver... Les Ricains?

Publié le par Ronuick

Ouh, le symbole honni. Non ? Vais-je faire l’apologie ici du « Star and Strips » ? Alors que je vilipende en temps ordinaire les « moutons » qui vont au fast-food ? (« Que le premier qui n’a pas pêché lui jette une pierre ». Ca tombe bien j’en ai pas… )

31362_t6.jpg

 

 

D’abord, avant mon laïus, je vais vous offrir une vidéo. Elle est instructive sur un point : la zizanie capillaire de Michel Sardou jeune.

 

 

 

 

 

 

Quant au texte, il peut en heurter certains mais il convient de le mettre dans le contexte : c’était dans les années 60, en pleine guerre du Viet-Nam et il était (déjà) de bon ton de cramer les symboles étasuniens, alors que de Gaulle voulait se libérer de la tutelle de l’Oncle Sam. Depuis l’élection d’Obama, on s’est un peu calmés sur ce coup là… Et puis le successeur du grand Charles a refait machine arrière…

Après, je mets cela en perspective avec le film diffusé ce soir sur France 2, qui utilise un ressort tragique somme toute cappillotracté (n’empêche, si le cas avait été avéré, on eut effectivement se dire qu’il faudrait au moins que la brave dame puisse au moins continuer à chérir un fils, non ? )pour servir de prétexte à montrer le Débarquement (avec un D majuscule) et la bataille de Normandie. On s’accorde quelques libertés avec l’histoire, comme en faisant combattre des SS de la 2ème Panzerdivision contre les troupes ricaines, alors que les dits soldats étaient en train de raser Oradour-sur-Glane à 600 km de là. Ou encore avec les « Jeunesses Hitlériennes » qui étaient en train de combattre les Canadiens près de Caen (et d’exécuter au passage des prisonniers de guerre).

744px-Normandy5.jpg

 

Mais la scène du débarquement est réaliste. Elle prend aux tripes (on en voit aussi pas mal) et on ne peut que se demander : combien ont pu passer ? Il y a quelques années, le Gefreite Heinrich Severloh, de la 352ème Infanteriedivision, a reconnu son triste record : il est certainement l’homme qui a tué le plus d’Américains. En effet, il a tiré plusieurs heures avant de se rendre le jour J, armé d’une MG42 (1200 coups à la minute).

Bref, une boucherie sans nom, qui rappelle Verdun ou Stalingrad. Et pourquoi ces hommes là sont venus en France ? On pourra dire ce qu’on veut sur leurs motivations : l’argent, la célébrité, le manque d’avenir dans leur pays, le désir de conquête (richesses et/ou femmes)… Pourquoi pas un idéal de Liberté ? On peut aussi s’interroger sur les motivations de l’Etat-major et plus haut du gouvernement des USA.

N’oublions pas que Roosevelt voulait que la France libérée soit administrée comme un territoire occupé par l’AMGOT. Rendons grâce pour cela au grand Charles dont se prévalent aujourd’hui beaucoup de politiques : En arrivant dès le 14 juin dans Bayeux « première ville française libérée » (si on oublie la Corse) il mettait les Ricains devant le fait accompli. Il installa un préfet à Bayeux, donc il assura la continuité de la République. Pan dans les dents… Revenons à nos troufions qui se firent hacher sur « Bloody Omaha ». On estime qu’un GI sur dix a tiré sur l’ennemi… Ca ne fait pas revenir ceux qui sont tombés sur les plages ou dans les haies du bocage normand.

 

Mais on pourra lire avec intérêt « La face cachée des GI’s » de J. Roberts Lilly qui rappelle le fait suivant : dans toutes les guerres, les femmes ont constitué un butin recherché. Les Allemands, les Russes, les Alliés (les « gentils »), tous ont pratiqué le viol, plus ou moins réprimé selon les chefs et les armées, et selon le territoire. Les cyniques diront (j’en connais) : « ca fait partie du jeu ». Bon, et toi, connard, tu aimerais te faire violer par une section de soudards complètement saouls ? Chouette jeu, non ? En plus t’es super provoquant, t’a un petit pantalon moulant qui met tes fesses en valeur.

 

Cependant, le fait est que ceux qui ont débarqué ont combattu avec courage pour que, finalement, l’occupation nazie soit un triste souvenir. Notons au passage que les Français Libres (FFL) débarqués en Provence ont souvent été choqués de l’accueil de leurs compatriotes. Plus d’une fois le maire d’un village leur a demandé de l’argent pour les ravitailler en eau, ils sont tombés sur les lettres d’amour de Françaises dans les affaires de soldats allemands (bon, l’amour ne se commande pas), ou bien ont eu des embrouilles avec certains lorsqu’il fallait installer les canons antiaériens sous « prétexte que ca abime les cultures » . Eh, mon gars, je viens te libérer, là ! Bref…

 

Tout ca pour dire que le fast-food est finalement arrivé le 6 juin 44… Avec le nylon, le chocolat, la société de consommation, via ces boucheries de Normandie. C’est un sacré raccourci, bien sûr, puisque entre les croix du cimetière de St-Laurent sur Mer et le fast-food, il y a eu le plan Marshall pour contrer l’offensive « rouge », une guerre froide et une monopolisation culturelle étasunienne.

ET que les soldats étaient les pions d’un Etat-major et d’un gouvernement bien décidé à imposer sa vision du monde et de la liberté. Que tout cela ne nous empêche pas de garder un esprit critique et si l’on peut légitimement rejeter en bloc les volontés hégémoniques américaines et leur cortège d’aberrations, on peut se remémorer la phrase de Sardou :

"un gars venu de Géorgie (ou d’Arkansas, de New-York, ou de Pétaouchnock) / Qui se foutait pas mal de toi / Est venu mourir en Normandie / Un matin où tu n'y étais pas »

 

Parce que vous savez quoi ? En Alsace, on les attendait les Ricains... Ca voulait dire adieu les Allemands (qui étaient de toute façon bien pires) et peut-être le retour de tous les Malgré-nous parqués dans les camps de Russie, à Tambow et ailleurs.

American_Flag_and_Cross_in_Normandy_American_Cemetery_and_M.jpg

Alors, toujours envie de le cramer ?

 

Publié dans Société

Commenter cet article