Comment se faire ridiculiser au fast-food... Une leçon d'oncle Ronuick

Publié le par Ronuick

Pour se faire ridiculiser, rien de plus facile : aller défier le caïd du coin. Sûr que vous allez être ridicule. Ou en fait, peut-être pas : vous passerez pour un courageux ou un fou à lier. Mais peut-être pas ridicule. Votre leçon vous aura cependant peut-être couté un ou deux beaux horions, avec quelques ecchymoses pour en témoigner.

 Mais il y une autre manière de se ridiculiser : aller engueuler un employé dans un  fast food au vu et au su de tous, alors que vous êtes dans votre tort et que l'employé refuse de se laisser faire. Pire, quand il reste calme et que vous vous énervez.

 Cela m'est arrivé un jour. Une dame est arrivée à grandes enjambées vers le comptoir, signe, en général que quelque chose ne va pas. On ne va pas souvent féliciter quelqu’un en courant presque vers lui. Peut-être dans un stade après un but en or de finale de coupe du monde, mais pas dans un fast-food. Sentant arriver la tornade, je me suis porté à sa rencontre. C'est une manière de gagner du temps, puisque si c'est un caissier qui prend l'ouragan en pleine tronche, nul doute qu'il viendra me chercher en renfort. Autant monter au front ! Avec une cravate, en plus, ca fait plus sérieux. D'ailleurs, savez-vous d'où vient ce mot de cravate ? Ce sont les cavaliers croates qui ont apporté la mode. En les imitant, on faisait un nœud autour du cou "à la croate". ce qui est devenu ensuite.. cravate. C'était notre minute didactique.

 Revenons à nos hamburgers, voulez-vous.

A peine ai-je eu le temps de pointer le bout de ma cravate que la furie commença à débiter ses vociférations comme une mitrailleuse ses rafales meurtrières.

« C’est INADMISSIBLE ! »

Pardon ? » (on a quand même une petit trouille, imaginez qu’on a laissé passer un yaourt périmé d’un jour, ça arrive).

 Votre yaourt est périmé ! Heureusement que je l’ai enlevé des mains de ma fille »

Et de me montrer le yaourt-cyanure, avec la mention proprement imprimée « 08/09 ».

« Nous sommes le 4, Madame », fais-je un peu attristé.

« Oui, de septembre. Il est périmé depuis fin août de cette année !!». (Vous pouvez rajouter autant de points d’exclamation que vous voulez)  

Et là je comprends la méprise, alors j’essaie d’expliquer calmement :

« Pour les produits laitiers à DLC courte (je lui explique DLC, et la nuance avec DLUO), le codage est fait ainsi : le jour et le mois, car on a en général moins de deux semaines de durée de consommation.

«  Je travaille dans l’alimentaire, Monsieur… » , fait-elle les lèvres pincées.

« Vous pouvez donc vérifier par vous même », l’interrompe-je. «  Par contre, sur un paquet de pâtes, c’est effectivement le mois et l’année » 

« Non, ce n’est pas vrai. Vous aurez de mes nouvelles ! »

Depuis, elle doit avoir appris. Je n’ai plus eu de ses nouvelles. Ni visite des services de la DDASS, ni lettre d’excuses…  En tout cas, elle a bien fait sourire les clients.

Un conseil : vous avez un doute sur une DLC, allez demander au responsable discrètement. Comme ca, si vous avez tort, personne n’a rien vu. Si vous avez raison, vous pouvez alors agir en bonne intelligence, présumer de l’innocence du responsable (une erreur peut arriver et franchement je mange sans problème un yaourt « périmé » depuis une semaine) : on n’a pas essayé de vous empoisonner…

 

 

Publié dans Mots doux

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