Ce soir, je baise durable !

Publié le par Ronuick

 

 Là je vais faire une digression, motivée par une petite balade que j'ai faite dernièrement dans ma ville, dont le thème était "l'eau dans tous ses états". On y découvre les multiples recoins du réseau hydrographique méconnu de la cité.

 Or, au cours de cette balade, nous avons du emprunter des chemins où se passent certains rencontres très rapides la nuit. Et il y a forcément des restes. Pas très ragoutants.

 Alors je vais me mettre dans la peau d'un de ces clients. Après tout, on parle toujours de fast-clientèle, là, non ? Bref. Alors je suis un client, et je prends une bonne résolution. Cette nuit, je baise durable !

 Je me suis enfin laissé tenter par m'intéresser au Grenelle, I II ou III je ne sais plus, mais j'ai appris que polluer c'était pas bien. Alors quand je sors de chez moi pour aller quérir les faveurs d'une de ces dames de la nuit, j'y vais en biclou. Oui, il fat beau et je trouve qu'un fourré est plus romantique qu'une banquette arrière de voiture. En plus j'ai une Twingo et c'est pas grand. Et puis je prends un sac à dos avec un vieux plaid pour être vraiment à l'aise. Puis je pédale. Pas trop quand même, sinon je serais tout en sueur et je vais sentir le bouc.

 Mais dans mon sac, j'ai mon arme secrète : un sac de supermarché en 100 % recyclable et recyclé (on vous le fait payer 4c au lieu de 3c) qui va me servir de poubelle. Pour la capote, mon choix va au latex 100% naturel. Sans additif, sans gout, sans rien. Du pur. Voyez comment le gars il devient sérieux !

Et puis l'avantage du vélo, c'est que vous pouvez rouler lentement pour détailler la marchandise qui s'offre à vous, sans risquer de se faire emboutir à l'arrière par un automobiliste qui lui, qui ne sait pas s'amuser, veut juste rentrer chez lui. A moins qu'il ait fini sa petite affaire et que, les bourses et le portefeuille vides, il rentre fissa.

 Ah, le choix est fait. Je marchande avec la belle, qui ne comprend pas un mot de français. Je devine qu'elle est bulgare ou quelque chose comme ca. Peut-être roumaine, mais je saurai pas faire la différence entre le bulgare et le roumain. Oui, je sais, le roumain est une langue latine mais on n'est pas là pour discuter grammaire ! Il y a d'autres cours de langue... Bref, vous m'avez suivi.

Non, pas trop, laissez nous un peu d'intimité ! On se cale sous le remblai de l’autoroute. Ca va à cette heure, il n'y a pas de circulation qui pourrait empoisonner nos ébats aux oxydes d'azote et autres particules. Vous voyez, j'ai pensé à tout.

Et puis bien sûr tout à une fin. Un mouvement d'aide aux prostituées a établi une durée moyenne de la passe : 8 minutes. J'ai pas fait beaucoup mieux, le coin ne s'y prête guère. Mais bon, je noue le petit truc sous le regard mi amusé mi-écoeuré de ma complice d'une étreinte, et je le mets dans la poubelle que je noue aussi, et que je remets dans mon sac, pour m'en débarrasser plus loin. Elle rigole franchement. Ah, faites rire une femme…

 Donc j'ai appliqué le développement durable à une activité franchement triviale. Je suis assez fier de moi.

Oui mais attends voir : c'est quoi le développement durable ? Environnement, Economie et Social. Reprenons depuis le début : l'environnement, je m'en suis occupé. L'économie ? Ah, ca oui, j'ai fait circuler l'argent. Mais le social ? En fait j'ai zappé une chose : j'ai entretenu l'esclavage sexuel.

Pour le durable on repassera.

 

Que les âmes sensibles se rassurent : je n'ai pas fait cette ballade nocturne. Ben non, les amours tarifées ca ne m'intéresse que très modérément !

 

Publié dans Société

Commenter cet article

Eric G. Delfosse (Pomme) 06/09/2010 12:57



Bin, pourtant, sans être pervers (enfin, pas trop), je peux t'assurer que, sans qu'elles soient peut-être la majorité, il y en a quand même qui font ce métier, sinon rien que pour le plaisir, du
moins comme si c'était un métier classique : j'en connais.


Pour ces quelques femmes que je connais, partir passer quelques heures dans leur studio de travail est plus agréable que d'aller s'enfermer dans un bureau.


Mais ce sont des femmes qui se prostituent volontairement (si, ça existe, bien plus qu'on ne le pense !), pas sous la contrainte ! Même pas sous une contrainte "économique" car certaines
continuent à travailler ponctuellement avec des habitués alors que, de leur propre aveu, alle ont mis assez "de côté" que pour prendre leur "retraite".


 


Sérieusement, le monde de la prostitution est assez "glauque" en général, ça, c'est clair... Mais il existe une certaine forme de prostitution bien moins sordide qui ne se fait généralement pas
remarquer par des faits divers "sanglants"... Qui ne se fait même pas remarquer du tout, d'ailleurs. Le fait d'avoir bossé comme éducateur spécialisé, voici quelques années, m'a mis en contact
arec le milieu de la prostitution "discrète", une prostitution qui met en scène des mères de famille tout ce qu'il y a de plus "banales" qui ont trouvé que c'était plus agréable de coucher pour
arrondir les fins de mois (ou carrément d'en faire leur profession officielle) que de devoir se lever à sept heures du matin pour se rendre avec les pieds de plomb dans un bureau ou, de toute
façon, certaines d'entre elles vont quand même devoir coucher pour réussir.


Je connais par exemple une dame de la région liégeoise qui s'était spécialisée dans le "SM soft". Elle habitait à la campagne avec son fils et se rendait trois après-midi par semaine dans le
petit studio qu'elle louait "professionnellement" au centre-ville, dans lequel elle recevait des messieurs qui aimaient se fare gentiment fouetter (beurk). Un choix personnel : le SM paie plus
que le reste, et elle disait qu'elle s'amusait très bien au travail... Bah, oui... Ça existe...


Ou cette dame de la région de Charleroi qui, ancienne cliente (avec son mari) de "clubs échangistes", organisait des "après-midi mondains" dans son luxueux appartement. A l'époque, elle demandait
75 euros par célibataire ou par couple et réunissait une douzaine de clients chaque fois, sans compter qu'elle donnait des "consultations privées" également, seule ou avec son mari !


 


Mais, bon, pour une personne "heureuse" de faire ce métier, combien de dizaines, de centaines, de milliers d'autres qui sont honteusement exploitées !



Ronuick 07/09/2010 08:27



Oui, c'est l'exception qui confirme la règle ! Je ne doute pas qu'il y ait des femmes (et des hommes) qui se prostituent sans en soufrir, qui peuvent même y trouver du plaisir. Mais la "traite
des blanches" est un trafic sordide qui prospère grâce à certains de nos plus vils instincts.


 



Eric G. Delfosse (Pomme) 05/09/2010 10:00



Bin, pour le social, il y a le fait que tu aurais aidé une pauvre femme de l'est à gagner quelques malheureux picaillons et à apprendre quatre mots de français : "encore", "oui" et "c'est bon"...


Non ?


Bon, ok, je sors...



Ronuick 06/09/2010 08:35



Rhôôôôô... Oui, tu ferais mieux de sortir... Ca me fait penser que la Police nous a amené au restaurant un avis de recherche concernant une jeune Bulgare. Profession : Prostituée. Mention :
disparition inquiétante... Brrr, j'ose à peine imaginer comment peut-être leur vie. A soutenir : le mouvement du "Nid". Il n'y a que des pervers pour s'imaginer qu'il y a des femmes qui font ce
"métier" pour le plaisir.