Billet doux ou doux billet ?

Publié le par Ronuick

 Du temps de nos bons vieux francs (j'ai de la chance si la moitié d'entre vous se souvient encore d'eux), il y avait une mention indiquant "la loi punit le contrefacteur".http://images2.numishop.eu/images/billets/b55/b55_0712r.jpg

 

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Pour vous faire sentir encore plus vieux (ou plus jeunes, c'est selon), je vous ai même mis un "Quentin de la Tour", qui faisait partie, jusqu'en 1992, de la série suivante : Debussy (20 FF environ 3 € ), Quentin de la Tour (50 FF environ 7 € ), Delacroix (100 FF, environ 15 €), Montesquieu (200 FF, environ 30 €) et Pascal (500 FF environ 75 €), ce dernier ayant été cramé par Gainsbourg à la télé. (1984).

 

Pourquoi cette mention . Parce que, effectivement, le fait de fabriquer de la fausse monnaie, ou de la faire circuler, est un crime. Et même un crime contre l'Etat, puni depuis des siècles.

Pourquoi tant de haine envers les faux monnayeurs ? Après tout, ce serait super de pouvoir faire soi-même des billets, en refiler aux copains parce qu'on n'est pas salaud ni égoïstes... ce serait trop facile ! Et puis on se retrouverait avec une masse d'argent sur les bras qui ne vaudrait plus rien, puisqu'il ne faudrait plus d'efforts pour en avoir !

Dans une BD d'Achille Talon, "La loi du bidouble", à une cliente qui fait remarquer qu'une machine à "dédoubliquer les billets ce serait pratique", l'irremplaçable commerçant Vincent Poursan répond "Ce serait mauvais pour l'Economie. Pas les économies, mais l'Economie. le commerce, quoi."

 

Donc, si vous aviez envie de faire de la fausse monnaie. Faut pas. Et puis faut pas la faire circuler. Si jamais vous vous êtes fait avoir, ben tant pis pour vous. Si vous vous faites pincer avec, vous risquez d'être pris pour un receleur !

 

Nous avions pour tâche de vérifier les billets. Quoi de plus normal ? J'en ai plusieurs faux qui me sont passés entre les mains, et même une pièce (il fallait découvrir que la Finlande et la Suède, sur la carte de la pièce d'un euro, se touchaient !)

Donc tous les billets à partir du 50 étaient vérifiés. 200 et 500 refusés. Et nous avions les réactions suivantes :

 

- Il est bon, hein, vous savez ! (Tiens, ca mériterait d'être une blague belge)

Tu crois pas, Ducon, que c'est ce que me dirait précisément celui qui veut me refiler un faux billet ?

- Il sort du distributeur !

Je veux bien te croire, mais j'étais pas là pour vérifier. Tu permets que je le fasse maintenant ?

 

D'autres ont plus d'humour : "J'ai manqué d'encre. Si vous avez un crayon de couleur, je vous le finis" (Réplique également tirée d'une BD, le Daily Star, Lucky Luke.)

 

Mais certains sont plutôt hargneux : "Vous faites ça parce que je suis Arabe, hein ? C'est du racisme vous savez !

- Ah, je ne vous permets pas de m'insulter, monsieur ! C'est la politique de l'entreprise !

- Mon cul, oui !Vous n'êtes que des racistes ! Je pars, si c'est comme ça !

- Grand bien vous  (nous ?) fasse !"

 

Franchement, que répondre à cela ? Ah, que je ne supporte pas être traité de raciste ! (je suis moi même fils d'immigré, même si ca se voit pas sur ma gueule) Et puis quand vous parlez à la mode "XVIIème", les gens se sentent insultés, c'est marrant.

 

Le cas le plus délicat reste quand même celui où le billet vérifié s'avère faux. Vous êtes bien obligé de le dire à la personne en face de vous. Et là, si elle le savait, c'est qu'elle a essayé de vous embobiner, même si elle s'est fait elle-même avoir auparavant. Sinon, elle apprend qu'elle s'est faite avoir.Il faut donc annoncer la chose avec tact et discrétion.

 

Dans les deux cas, le billet doit être confisqué. Le plus souvent, les gens refusent, car ils voudraient être sûrs en allant à la banque (mieux vaut vérifier deux fois qu'une au lieu de "perdre" 20 €), ou alors, ils essaieront de le refiler à quelqu'un. Ce à quoi mon collègue à trouvé une parade. Il déchire le billet en petits morceaux.

"Ben quoi ? La loi est respectée !" dit-il ensuite.

 

Et le client (et les employés présents) de se retrouver là comme deux ronds de flan. C'est impressionnant, un billet (même faux !) en petits morceaux ! Remarquez, en 1923, en Allemagne, on tapissait les murs avec !

 


Références BD :

 

 

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