Au drive, c'est tous les jours Magny-Cours !

Publié le par Ronuick

Pour les allergiques au sport automobile, Magny-Cours, c'est le nom du défunt circuit de cours de Formule 1 créé ex-situ dans la Nièvre (Tiens ? le département d'un certain François Mitterand). défunt, car il ne reçoit plus depuis deux ans le championnat de Formule 1, pour d'obscures raisons financières.

 

 C'est sans doute pour se consoler d'un tel deuil que certains clients prennent les pistes du Drive pour des anneaux de vitesse. Non, en fait, l'explication ne tient pas car ils ont toujours fait ça, en fait depuis que le drive existe.

Avez-vous jamais pris à manger au drive d'un fast-food ? Tout vous porte à ralentir, non ? Il y a des virages (quasi à angle droit pour contourner le bâtiment toujours de la droite vers la gauche, volant çà gauche oblige) et puis surtout, c'est quand même un établissement destiné également à une clientèle familiale, et donc il y a des risques de voir débouler un petit enfant poile devant vous.

 

 Celui que j'alpaguai ce jour là devait s'en fiche comme de l'an 40 : à peine avait il embouqué l'entrée de la piste du drive qu'il avait férocement appuyé sur le champignon sur la petit ligne droite qui passait latéralement par rapport au restaurant. Il s'est quand même arrêté au guichet de prise de commande, qui était, je crois, son objectif premier.

"Attends", fais-je à l'employé. "je m'en occupe". j'avais ma petite idée en tête pour bien rigoler. 

 

 Alors je soulève la fenêtre-guillotine du guichet, me penche nonchalamment, admirant la vue plongeante sur les sièges baquets aux couleurs criardes, les ceintures harnais, la casquette du type, puis son visage quelque peu imberbe quand il lève la tête vers moi.

"Un menu avec coca et frites"

"Bonjour, dites, vous vous prenez pour Fangio, là ?" fais-je avec un sourire.

 

L'autre me regarde avec des yeux de merlan frit.Il faut dire que Fangio, c'est peut-être un peu lointain... (Le grand pilote automobile est mort en 1995 et a été multi-champion du monde dans les années 50). Si j'avais évoqué Schumacher ou Alonso... Alors, pour venir en aide à la détresse du type, je continue :

"Vous n'alliez pas un peu vite, là, en arrivant ?"

Le type reprend ses esprits, et retrouve sa morgue, la casquette plantée plus fièrement que jamais sur sa tête et me fait d'un air niais et nonchalant : "ben quoi... c'est pas limité !"

 

Et là, j'avais envie de lui faire un laïus sur les dangers qui auraient pu surgir devant son bolide. Comme un enfant jouant sur la terrasse ou simplement, un employé étant à l'extérieur (oui oui, ce sont des êtres humains !).  J'en avais envie, certes, mais je savais que ça aurait servi autant que de vouloir remplir le tonneau des Danaïdes avec une cuillère à café.

 

Mais là, l'occasion était trop belle. Je me penchai donc un peu plus vers lui.

"Vous avez été flashé".

 

Et le gars qui retrouve un instant son regard de carpe frite (ne soyons pas racistes envers les poissons, en plus c'était comme ça qu'on disait au XVIIIème) se remet aussitôt à ricaner."hé hé hé...", fait-il de son air niais et têtàclaquesque.

Et d'un coup de menton, je lui désigne la voiture qui était devant lui, au dernier guichet, à quatre mètres devant lui. Et il s'avérait que c'était une voiture banalisée de la Gendarmerie, équipée pour le contrôle de vitesse. Avec,bien visibles sur le panneau arrière, les orifices du radar et du flash.

 Et le gars de se ratatiner derrière son volant, sans plus avoir vraiment l'envie de rire.

 

Il y a des moments, savez-vous, que l'on savoure !

Publié dans Frime

Commenter cet article

Madwolf 02/06/2010 17:18



Mort de rire . Cela aurait été un délit de laisser passer un telle occasion.



Ramlec 05/04/2010 02:20


Ah que c'est bon ça ! Si seulement mes managers avaient autant de tact...

Un équipier Vichyssois :D