Dimanche 3 juillet 7 03 /07 /Juil 10:34

Vous connaissez tous le ticket-restaurant, cette formidable invention qui vous permet de vous nourrir pour moins cher que si vous deviez tout payer de votre poche.

C'est aussi une source de discorde avec les clients, car, autant le dire tout de suite et de façon claire : le rendu de monnaie sur ces titres est SCRUPULEUSEMENT INTERDIT, comme cela est écrit (certes en petits caractères mais difficile de prendre une police de taille 72 points) sur l'envers de ces tickets que personne ne lit jamais.

 

Pourquoi est-ce interdit ? Parce que justement votre employeur paye environ la moitié du ticket, et que si jamais on vous rend de la monnaie dessus, cela équivaudrait à CREER de la monnaie. Rien à voir peut-être avec la planche à billet qu'on ferait fonctionner, mais si l'on multiplie tous les rendus de monnaie par toutes les personnes utilisant des tickets restaurants en France, on se retrouverait vite avec des problèmes. Tiens, ça me fait penser à un de ces économistes distingués rencontrés sur le site faceploucs, qui semble avoir des difficultés de connexion.

La personne en question (heureusement rendue anonyme) déclare en substance : "mais je comprends pas pourquoi ils disent qu'ils zont pas de sous (Le gouvernement, NDLR) ! Ils zont des machines à billets ! ils zont ka les faire fonctionner !"

Du grand art, au moins un prix Nobel d'Economie, tiens ! Bref... Heureusement, ce ne sont pas ces gens qui nous gouvernent, mais ce ne serait peut-être pas pire...

Revenons à nos tickets. Alors oui, il fut une époque où l'on rendait la monnaie, les quelques centimes ou dizaines de centimes qui restaient. Mais depuis que l'Etat a froncé les yeux, on a préféré être réglo. Tout le monde ne le fait pas, mais ça relève de plus en plus du mythe. Mais combien de fois n'ai-je pas entendu un client me déclamer sur le ton de l'indignation la plus violente :

- Mais vous ne me rendez pas la monnaie ? Là, à X, ils le font !

Oui, certes, monsieur, mais savez-vous, c'est interdit, notre confrère est donc hors la loi ! (ça passe mieux que de dire concurrent).

- En attendant, vous vous en mettez plus dans les poches !

Moi de hausser les épaules en hochant la tête. L'entreprise peut-être, moi non, car ces "écarts de caisse" sont soigneusement comptabilisés, et je défie quiconque de vouloir arrondir ces fins de mois en récupérant pour son compte les centimes surnuméraires.

-"C'est tout de même sympa d'augmenter ses revenus en respectant la Loi, d'habitude, c'est l'inverse qui se produit, n'est ce pas Monsieur ?"

Cela clôt la polémique, mais à force d'entendre "Oui mais là bas ils le font", vous avez envie de répondre plus ou moins crûment :

- "Mais allez-y cher Monsieur ! J'espère que ce que vous économiserez compensera votre dépense d'essence !"

_ "Oui, et ils font aussi des pipes gratuites !".

Vous vous doutez bien que ces deux formules n'ont jamais été employées, mais à tout le moins imaginées...

Alors, comme nous sommes des êtres humains détestant avant tout la difficulté que représente un accrochage avec le client, nous avons développé une stratégie qui vaut bien celle de la douve du foie du mouton (je vous laisse chercher sur Gogol, je vous ferais pas de cours de bio).

Voici la stratégie, un véritable chef d'oeuvre en la matière, qui repose avant tout sur la communication :

Un client se présente au comptoir, passe sa commande, qui arrive, mettons, à 7 euros. Il tend en paiement un ticket de 8,5 euros (si si, ca existe, comme des tickets de 25 centimes, j'en ai vu aussi). Alors une alarme se met subitement à hurler dans votre tête : "Attention, emmerde en perspective". Alors, donc, vous prenez votre sourire le plus commercial et vous prévenez le client.

"Ah, Monsieur, vous savez, on ne rend pas la monnaie, il vous resterait donc 1 euro 50, vous ne voulez pas quelque chose en plus ?"

Vous avez vu ? Imparable, n'est ce pas ? Mais non, ça ne marche pas toujours. Comme je vous l'ai dit, tout repose sur la COMMUNIVCATION. Or, il faut dans ce système un bon émetteur (l'employé) et un bon récepteur (le client). Alors soit l'émetteur n'émet pas (en clair l'employé ne dit rien et prend alors le risque de se faire enguirlander par le client qui s'estime floué) soit le récepteur ne capte rien. Parfois parce qu'il est un peu débile. Jugez plutôt :

- Monsieur, il vous reste des sous sur le ticket. Voulez-vous prendre quelque chose d'autre ?

- Non, c'est bon.

-...

L'employé encaisse donc, et donne le ticket de caisse au client qui attend, la main ouverte, paume tendue vers le ciel plafond.

- Mais ma monnaie ?

- EUh... (T'es con ou quoi ?) Mais, je vous avais dit qu'il restait des sous et je vous ai proposé quelque chose d'autre !

- Alors mettez moi quelque chose !

- Oui, mais quoi ? (Sans compter qu'il faut alors le typer "hors commande" sur la caisse et le mettre en promotion, donc magouiller)

- Ce que vous voulez, je m'en fiche !

Tout ca me fait doucement marrer... On s'aperçoit que de plus en plus les gens sont prêts à tous les énervements, toutes les mesquineries (car là, je n'arrive pas vraiment à retranscrire l'animosité du client) pour trente centimes ou un euro, alors qu'ils ont été clairement prévenus...

Et vous, qu'en pensez-vous ? Y aurait-il quelque chose à changer dans notre stratégie si bien pensée ?

Par Ronuick - Publié dans : Société
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